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Mon fils Joachim a écrit pour un public très restreint un joli "papier", et m'en a laissé parcourir une bonne partie. J'ai  tellement aimé que je lui ai demandé la permission d'intégrer son texte à mon blog. Le voici donc :

Pas de carillon ce matin, pas de coqs, pas de chiens. Le doux clapotis des vaguelettes du lagon, à mes pieds ; plus loin, à 800m devant moi, le bruit violent mais assourdi par la distance des vagues océanes qui se brisent sur la première barrière de corail. Entre celle-ci et la seconde, si je tendais vraiment bien l'oreille, je pourrais peut-être entendre le gigantesque claquement de queue d'une baleine sur la surface de l'eau. Pas un chat. Enfin si! Justement, c'est le gentil miaulement de Bounty, le petit rouquin tigré qui m'a tiré de mon sommeil.

Le soleil perce derrière les gros nuages bleus, en un éventail de rayons qui rendent difficile à conserver ma position athéiste. Ce lagon, ce sable blond, fin et doux, ces cocotiers, tout le long de la plage, dont certains ont penché leur tronc et donnent l'impression que les longues feuilles s'abreuvent à l'eau claire de la mer, c'est le paradis.

On est à "Club Paradise" d'ailleurs! Et si, fort heureusement, le lieu n'a rien d'un club, son "Paradise", malgré le cliché, ne pourrait décemment pas être un nom mieux choisi.

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Le départ, hier matin, a été un peu chaud. Le réveil de Roy n'a pas sonné à 4h comme prévu et on a dû compter sur ma providentielle insomnie matinale pour se mettre en branle avec 3 bons quarts d'heure de retard. Pas le temps pour un réveil en douceur des enfants: grande lumière choc dans les petits yeux endormis, "Habillez-vous! Vite! Vous avez 5 minutes!" Je suis allé fumer ma clope (certains impératifs restent prioritaires, non?) et quand je suis revenu à la chambre, je les ai trouvé tout habillés (le petit chou avait mis sa chemisette au-dessus de son sweat-shirt) mais tous les deux en larmes: Tu n'es plus mon frère! Je te déteste", et tout le chagrin provoqué par ces dures paroles sur le visage d'Olivier.

Ce n'était rien, c'était la fatigue. Une simple parole magique a suffi: "Venez, mes enfants, on va voir les baleines!" Instantanément, l'immense soleil habituel de ces vacances est revenu dans le regard de mes amours. Hop! Hop! On jette les sacs à dos dans le coffre, on grimpe en voiture, et c'est parti. Je ne sais par quel miracle nous n'avons tué personne: Lova conduisait comme un fou, à toute vitesse, dans le noir, sur ces routes déjà bordées de monde (vélos sans phares, tireurs-pousseurs de chariots surchargés de je ne sais quoi qui courent pieds nus, hommes, femmes et enfants, déjà occupés à leurs activités incompréhensibles mais sûrement vitales, les volumineux paquets sur la tête) et qui tiennent plus de la piste de brousse, cahoteuse, sinueuse, que des rues de chez nous.

Enfin! Miracle il y a eu, et nous sommes arrivés sains et saufs (et à temps!) à l'aéroport. Une heure de vol, dans ce petit autobus à hélices. Les enfants, juste à 2, 2 rangées derrière moi s'émerveillaient de la vue magnifique, au-dessus des nuages et papotaient joyeusement. Moi j'ai fini mon roman.

Ici, Sainte-Marie, l'île d'une île de l'Afrique, tout est différent: la ville a fait place à une jungle magnifique, entourée de mer. Nous avons roulé un km sur une piste cabossée qui serpente entre les cocotiers et nous sommes arrivés dans ce petit coin de bonheur. Nous sommes pour le moment les seuls clients de l'hôtel. Nous avons été très chaleureusement accueillis par Karine et Thierry, un couple de Marseillais installés ici depuis 2 ans et leur 2 filles: Lola, 9 ans, déjà super copine avec Anaïs et Donna, 13 ans, sérieuse et déjà, grave, le sens de l'hospitalité hôtelière, super sympa.

Cet hôtel, je n'ai jamais rien vu de pareil: 20 bungalows, pas plus, sur la plage, à quelques mètres de l'eau, vraiment charmants: des sculptures en bois un peu partout, dehors et dedans, des lits qui sont comme de petites maisons dans les maisons: montants de bois, toit de paille et murs de mousseline moustiquaire. Tout est joli, de bon goût, tout est apaisant.

Et ce lagon! Il faut imaginer une immense piscine naturelle, à l'eau parfaitement limpide, au fond sablonneux, à 24 degrés, presque sans vagues.

Aussitôt arrivés, nous nous sommes lancés, Olivier et moi, à l'assaut de la première barrière. Il a pied jusqu'au bout, sur des centaines de mètres donc, c'est génial. Un immense bassin, tout à fait naturel mais complètement sans dangers aussi. On a dû renoncer 100 ou 200 m avant le but, trop fatigués par notre traversée et conscients de devoir encore faire le chemin inverse jusqu'à la plage. Là, nous attendaient mon père et Minh, sirotant à la paille leur cocktail de bienvenue dans de grandes noix de coco fraîches. Anaïs, gilet de sauvetage au corps, criait joyeusement avec sa nouvelle copine Lola, dans le petit bateau à moteur de la famille, amarré: elles jouaient aux gardes-côtes et nous encourageaient dans notre laborieux retour. Moi je marchais
dans l'eau à leur rencontre, Olivier juché sur mes épaules, heureux, qui léchait l'eau salée dans mon cou. Ou plutôt je titubais, fourbu.

La table est à l'image du reste: joli mobilier en bois et raffia, assiettes en forme de cœurs allongés où chaque mets est décoré de fleurs et feuilles du coin, service attentif et tout gentil, cuisine originale et jusqu'ici délicieuse. Olivier, comme il sait faire, goûte et aime tous les poissons qu'on lui sert, Anaïs et moi nous reportant sagement sur des spécialités plus carnées.

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Au programme de cet après-midi: sortie en mer pour voir les baleines!!
 
Joachim